Témoignage enseignante lycée Vitrolles

Laurence B. est professeur d’anglais depuis 29 ans dans un lycée de Vitrolles. Elle a attrapé le virus du voyage scolaire en acceptant au départ d’accompagner l’enseignante qui gérait le projet, puis très vite elle a repris le flambeau et géré le projet de A à Z. Chaque année en janvier depuis 15 ans, elle emmène des élèves de seconde découvrir Londres. Elle nous raconte ce qui l’a motivée au départ, comment elle gère le projet, et ce qu’elle en retire.

Laurence B. : “Les élèves du lycée où je travaille habitent le pourtour de l’étang de Berre, et la plupart d’entre eux n’a pas l’occasion de partir en vacances avec sa famille. Pour beaucoup, c’est souvent leur premier séjour à l’étranger, la première fois qu’ils prennent l’avion, donc l’objectif initial du voyage scolaire, c’est de les faire bouger, peu importe la destination. C’est bien qu’ils voient autre chose, que des gens ne mangent pas comme nous, ne vivent pas comme nous.” 

Laurence nous confie également, avec une pointe d’humour, que lorsqu’elle part en Angleterre avec eux, sa relation avec les élèves change, “comme si le voyage et les moments partagés en dehors de la salle de classe “humanisait” leur professeur : "non je ne vis pas recluse dans ma salle de classe !”

SILC : Quel programme leur concoctez-vous ?

Visite du musée de cire de Mme Tussaud's

“Tous les ans, la destination c’est Londres, et le programme est assez immuable : on visite le Musée des sciences, le British Museum, le Museum d’histoire naturelle, on va à Windsor, et évidemment on fait le tour des monuments londoniens. Je prévois toujours une partie plus ludique, avec le musée de cire de Mme Tussaud’s, et presque toujours les studios Harry Potter le dernier jour, c’est stratégique : ça les fait saliver ! On va aussi marcher le long de la tamise jusqu’à Picadilly, dans le quartier de Covent Garden, et les endroits incontournables. On part toujours au mois de janvier parce que c’est le plus simple et le moins cher* ; on  alterne les temps d’activité en intérieur et en extérieur pour s’adapter à la météo et équilibrer.”

*Note de SILC : le mois de janvier est encore en basse saison : les hébergements ne sont pas saturés, et les tarifs notamment pour le voyage sont plus intéressants.

SILC : Quel est votre planning pour organiser un voyage scolaire ?

“En général je démarre le projet en mai pour partir en janvier. Je fais voter le budget au conseil d’administration avant les grandes vacances et on règle l’acompte à SILC au mois de juin. Courant septembre, on peaufine avec la conseillère SILC le programme final et le tarif ; mon cahier des charges prévoit systématiquement un programme de 5 jours entiers et un voyage en avion car on habite loin, c’est beaucoup plus rapide et confortable que le bus dans notre cas. 

En fonctionnant selon ce calendrier, je peux démarrer la publicité auprès des élèves dès la rentrée de septembre pour leur permettre d’étaler le paiement en 4 à 6 fois. Ceux qui souhaitent partir doivent me remettre leur dossier d’inscription rempli ; pour éviter les dossiers incomplets, j’ai une astuce : entre les fiches à renseigner (Autorisation de sortie du territoire, fiche sanitaire de liaison, autorisation de photo, etc), j’ajoute des feuilles vierges pour les éléments à joindre, où est noté en en-tête le nom du document à fournir : “Attestation d’assurance” “Photocopie de la carte d’identité d’un parent” “Règlements”, etc. En général ça fonctionne très bien, les dossiers arrivent complets du premier coup ! 

Lorsque le groupe est composé, on réunit deux fois les enfants, sur le temps de la pause déjeuner : ils font connaissance car ils ne sont pas tous dans la même classe, je leur explique tout et leur remets les documents : le programme complet, la charte de bonne conduite de SILC, les infos sur le lieu et horaire de RDV, etc. Au niveau du programme, je les emmène faire des choses que je connais par coeur : même quand il ne sont pas avec moi ou qu’ils désobéissent, je suis responsable d’eux dès lors qu’ils ont quitté leurs parents. C’est une sacré responsabilité donc je ne prends aucun risque. 

Juste avant le départ, après la rentrée de janvier, je réunis les parents : cela permet qu’ils n’oublient pas les consignes pendant les vacances de Noël ;)".

SILC : Et en terme d’organisation ?

Voyage scolaire à Londres avec SILC

Pendant des années, on partait avec un groupe de 48 enfants et 4 accompagnateurs ; depuis que l’Education Nationale a mis en place le nouveau règlement (au delà de 25000€ de budget, ça passe en marché public), ça complique beaucoup le projet. Donc désormais on part avec 36 élèves et 3 accompagnateurs : ça nous permet d’être en dessous du seuil budgétaire et d’organiser le voyage sans lancer d’offre de marché public, beaucoup plus lourd à gérer en terme administratif. Notamment aussi parce que la charge administrative du projet, je la supporte seule, c’est lourd mais aussi plus simple pour tout coordonner. Pour l’accompagnement pendant le séjour, généralement je choisis un(e) collègue qui est déjà parti(e) et un(e) autre jamais ; ce n’est pas toujours évident pour mes collègues de partir 5 jours, notamment pour ceux qui ont des enfants en bas âge. Mais à 4 ans de la retraite, je ne désespère pas qu’un(e) collègue prenne mon relai et poursuive ces voyages.”

Grâce à l’expérience acquise au fil des voyages scolaires, Laurence peut anticiper les éventuels soucis, et nous partage notamment ce conseil : dès la sortie de l’avion, elle récupère les passeports des élèves - cela évite qu’ils ne les égarent pendant le séjour.

SILC : Selon vous, qu’est-ce que le voyage scolaire apporte aux élèves ? Et à vous ?

“Lors d’un voyage scolaire, on établit une autre relation entre et avec les élèves, ça fait plaisir. Chaque année je me dis que c’est la dernière fois, mais ça leur apporte tellement ! Par exemple pour l’un des élèves, c’était la première fois qu’il ne dormait pas chez lui ! 

Vitrolles c’est une petite ville et les enfants d’ici ne vont pas tellement dans les grandes villes, à Marseille ou à Aix en Provence par exemple ; aussi ce voyage est l’occasion pour eux de découvrir une grande ville ; d’ailleurs ils sont très fatigués dès le premier jour à Londres, à cause du monde, de l'agitation, etc. Ça leur apporte une plus grande ouverture d’esprit, de constater les différences culturelles, et de travailler l’anglais un peu aussi.
Et puis ceux qui partent ont généralement envie de mieux travailler ensuite, de me faire plaisir.  

Ça fait 15 ans que je fais ce voyage là, et je ne m’en lasse pas ! D’ailleurs ça rassure beaucoup les parents de savoir que je travaille avec SILC depuis 15 ans, que je connais la plupart des familles d’accueil et les correspondants locaux de SILC aussi.

Les enfants ne sont jamais les mêmes : cette année j’avais des “pourquoi ?” “pourquoi ?” donc c’était super ; parfois on a du mal à les intéresser à des choses culturelles ; et parfois au retour ils disent à leurs parents “on va y retourner ensemble !” ; mais une certitude : je n’ai jamais eu d’élèves déçus !”


Merci Laurence B. pour ce témoignage :) !