Scolarité longue durée en lycée irlandais

Baptiste B., 18 ans, vient de passer une année scolaire en Irlande : il a été accueilli dans un lycée de la banlieue de Dublin, et chez une famille d’accueil irlandaise. Sa maman revient sur son expérience : comment a mûri ce projet, comment Baptiste l’a vécu, et quel bilan en fait-elle ?

- Quelles étaient vos motivations pour envisager ce type de séjour long à l’étranger ?

“Lorsque nous avons pris la décision, Baptiste était en Terminale ; nous étions en janvier, cela ne fonctionnait pas très bien pour lui, il manquait un peu de maturité, donc on se préparait à ce qu’il n’ait pas son bac. J’étais moi-même partie à l’étranger après le bac et j’avais trouvé ça enrichissant, donc nous nous sommes dit que ça pourrait être une solution pour qu’il voit autre chose et qu’il mûrisse un peu.

Nous l’avons donc proposé à Baptiste, et il a tout de suite accepté - il faut dire que chaque année il partait en Angleterre ou en Allemagne, donc il n’a pas hésité. Notre choix s’est rapidement orienté sur l’Irlande car il avait la possibilité de rentrer pendant les vacances de Noël et à Pâques, ce qui n’est pas possible avec toutes les destinations. Nous avons donc préparé son dossier en sachant qu’il ferait sa rentrée scolaire à l’étranger en septembre 2018. Fin juin il a passé son bac, il est allé au rattrapage et ne l’a pas eu ; donc nous avions bien fait d’anticiper ce séjour à l’étranger.”


- Baptiste a-t-il rencontré des difficultés au départ ?

Paysage irlandais“Nous sommes partis avec Baptiste en famille pour passer nos vacances en Irlande : nous voulions voir le lieu, faire connaissance avec sa famille d’accueil, et c’était un bon choix pour tout le monde : sa famille irlandaise nous a accueilli à bras ouverts et nous a même fait visiter sa maison. Je pense que ça a tranquillisé Baptiste qu’on l’accompagne au départ. La famille vit dans une maison accolée avec deux autres maisons, sans barrières, et chacun des voisins accueillait un étranger ; Baptiste a ainsi fait connaissance avec un allemand avec qui il a bien sympathisé, et un espagnol dans ses âges, ce qui a facilité son intégration.

Il a dû changer de famille en janvier car suite à des changements professionnels, sa 1ère famille ne pouvait plus continuer à l’héberger. Il a donc été placé dans une autre famille pour le reste de son séjour. Nous lui avons fait la surprise de le rejoindre en mars dernier à l’occasion de ses 18 ans et avons donc rencontré sa nouvelle famille, qui nous a très bien accueillis aussi.

Le principal regret de Baptiste, c’est que les familles étaient assez casanières, elles ne sortaient pas beaucoup, ne faisaient pas beaucoup d’activité en famille, donc il a eu des périodes où il s’est un peu ennuyé. En revanche il sortait un peu avec les copains qu’ils s’était faits.

Pour ce qui est des cours au lycée irlandais, Baptiste avait un assez bon niveau en anglais avant de partir, même si c’était sa seconde langue vivante. Il y a juste un ou deux professeurs qu’il avait du mal à comprendre au départ, mais il comprenait très bien dans l’ensemble et a pu suivre les cours normalement.”


- Quelles sont les choses qui l’ont surpris / auxquelles il a dû s’adapter ?

“Le plus difficile pour lui, pendant toute la durée du séjour, ça a été la nourriture : beaucoup de “junk food” (pizzas, frites, nuggets,...), pas tout à fait son régime alimentaire habituel...

Autre nouveauté auquel il n’était pas habitué : le port de l’uniforme. La tenue pour aller au lycée est assez stricte, par exemple pas d’écharpe en hiver, pas de baskets, et la tenue de sport est réglementaire aussi. Au début ça ne l’emballait pas trop, et finalement il s’y est fait.”


- Et à l’école ?

Scolarité en Irlande : lycée irlandais“Au lycée, il a été placé en Fifth Year (équivalent de la 1ère), et il a découvert une façon d’enseigner différente ; par ex. il a suivi une matière “apprendre à apprendre” qu’il a bien appréciée.

Au niveau des horaires, il commençait plus tard et finissait plus tôt qu’en France ; il avait un peu moins de travail à faire le soir, et pendant les vacances très peu également, ça l’a surpris et il a bien aimé. En Irlande, ils fonctionnent en semestres au lieu des trimestres, avec un examen à la fin de chaque semestre (avant les vacances de Noël et en mai) au cours duquel ils ont une semaine d’épreuve sur toutes leurs matières à l’écrit. ”


- Quel bilan faites-vous de cette année scolaire en Irlande ? 

“Son niveau d’anglais a bien évolué, on se renseigne pour qu’il formalise son niveau via un certificat, mais après un an de cours, son niveau est excellent !

Nous sommes très satisfaits car nous avions besoin d’une coupure, et lui, et nous. Ca lui a fait du bien d’apprendre à se débrouiller, de rester sur une longue période sans nous, il a gagné en autonomie c’est sûr, d’ailleurs c’est lui qui appelait à ma place pour prendre des renseignements.

Il s’est affirmé davantage, notamment avec ses deux frères (Baptiste est celui du milieu), il a pris un peu plus confiance en lui, ça ne peut être que bénéfique. De toute façon, sur le moyen ou long terme, c’est une expérience qui marque, donc on verra par la suite !”


- Pourquoi avoir choisi SILC ? 

“Le frère aîné de Baptiste et Baptiste étaient partis avec SILC, et on a toujours été surpris par la rapidité des réponses ; les problèmes étaient résolus rapidement, et en tant que parent c’est important de savoir qu’il y a quelqu’un sur qui on peut compter. J’aurais pu trouver quelqu’un par moi-même, mais en cas de souci, comment on aurait géré à distance ? Donc je voulais qu’il parte via un organisme. 

Nous avions une seule interlocutrice qui nous a toujours apporté des réponses : quand il fallait chercher, on nous rappelait systématiquement ; ce suivi, pour nous c’était très important.

Avant le départ, l’entretien que Baptiste a passé avec l’enseignante pour vérifier sa motivation et son niveau d’anglais a été intéressant : ce n’était pas seulement un test, mais aussi un point d’étape pour l’aider à comprendre le projet. Elle a donné des conseils à Baptiste, lui a parlé des coups de blues, lui a suggéré d’aller vers les autres, etc. j’ai trouvé que c’était pertinent de lui donner ces conseils, et de mettre en condition et le jeune et les parents.

Également, en mars, la correspondante locale de SILC a organisé l’anniversaire de Baptiste avec ses amis : il sont allés au restaurant à Dublin pour fêter l’événement. Ce n’est peut-être qu’un détail, mais pour lui ça a été une grosse sortie, d’autant plus que c’était pour ses 18 ans.

Bref, si c’était à refaire, on le referait, et nous souhaiterions que notre dernier fils accepte également de partir un an à l’étranger”.



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