Témoignage : 10 mois en Irlande

Manon G. avait 17 ans et était en fin d’année de 1ère lorsqu’elle a émis le souhait de partir étudier à l’étranger pour une année scolaire. Elle s’est donc envolée pour l’Irlande, a intégré un lycée irlandais, et a vécu chez un couple de retraités installé dans le comté de Wicklow, au sud de Dublin. Avec sa maman Anne-Laure, elle revient sur cette expérience.

SILC : “Bonjour Manon, peux-tu nous dire quelles étaient tes motivations pour envisager ce type de séjour long ?”

Manon : “Mes motivations étaient multiples : tout d’abord, l’anglais est une langue que je voulais impérativement maîtriser pour le bac. Deuxièmement, j’aurais dû faire mon année de terminale et choisir mon orientation mais je voulais me laisser plus de temps pour finaliser tout ça. Aussi en dehors du cadre scolaire, j’avais de nombreuses motivations personnelles : prendre du temps pour moi, loin de tout ce que je connaissais déjà, découvrir une autre culture, une autre mentalité, rencontrer des gens et vivre de nouvelles expériences.”

SILC : “As-tu rencontré des difficultés à ton arrivée ? A quoi as-tu dû t’adapter ?”

Manon : “Au départ oui, de nombreuses : je suis arrivée en Irlande en cours d’année, en novembre. Tout le monde se connaissait déjà et même les autres étrangers avaient acquis des bases d’anglais. Moi, je n’avais personne pour m’expliquer en français ce que je ne comprenais pas. Et franchement, je ne comprenais rien… Globalement, les autres élèves m’ont très vite intégrée au groupe, je n’étais pas sans repère. Mais les conversations étaient dures à suivre. Petit à petit, la situation s’est améliorée : moi qui ne parlait pas au début, j’ai pu me rendre compte qu’il ne nécessitait pas un grand vocabulaire pour exprimer même une idée complexe en anglais. On peut dire des choses compliquées avec les mots les plus simples. Pour me faire réaliser ça, ma famille d’accueil a joué un grand rôle puisque nous discutions énormément et de sujets très variés.
Au départ, il fallait surtout que je m’habitue à ne pas comprendre et éviter de le voir comme un échec personnel.
Il a aussi fallu m’habituer à être hors du cercle familial que je connais. J’ai pris de nouvelles habitudes comme par exemple, lors des repas où nous ne mangions pas toujours aux mêmes moments.
La mentalité également était très différente. Les Irlandais (aussi bien dans la famille qu’à l’école ou autres) sont très attentifs et veillent toujours au bien-être de chacun.
Dans les choses moins agréables, il y avait l’uniforme auquel je n’ai jamais pu m’habituer mais dont il est intéressant de se faire son propre avis…”

Anne-Laure (maman) : “Manon a exprimé aussi sa fatigue due à la concentration continue nécessaire pour appréhender la vie dans un pays étranger. Manon qui a un traitement pour la concentration a dû le gérer de façon très autonome pour profiter au maximum de cette expérience. D’autre part, elle a eu l’impression d’être plus souvent malade (rhume…), plus longtemps et plus sévèrement.”

Témoignage : 10 mois en Irlande

SILC : “Comment ça s’est passé au lycée et avec ta famille d'accueil ?” 

Manon : “Les cours commençaient tard (9h) et finissaient tôt (16h/15h20/13h20) et chaque cours ne durait que 40 minutes. Je trouvais cela beaucoup mieux, parce qu’il est compliqué de rester concentré sur un même sujet trop longtemps. Les professeurs étaient attentifs, bienveillants et savaient comment éveiller notre intérêt face à leur matière. Il y avait beaucoup de dialogue entre eux et nous, ce qui permettait de surmonter plus facilement les difficultés scolaires. Et surtout ils valorisaient la réussite sans blâmer l’échec, contrairement à la France où la réussite doit être une norme et où l’échec est inadmissible. En Irlande, aucun élève n’est laissé de côté, on a tous les mêmes chances.

Quant à mon intégration dans ma famille d’accueil, ça n’a pas été compliquée du tout : j’étais chez un couple de retraités qui accueille des jeunes depuis une vingtaine ou une trentaine d’années. Ils avaient l’habitude et m’ont tout de suite mise à l’aise. J’ai énormément de bons souvenirs avec eux notamment des discussions, des fous-rires… Ils me donnaient beaucoup de liberté et me laissaient mon indépendance, ce qui n’empêchait pas que j’adorais passer des moments avec eux. Je suis vraiment tombée sur une famille parfaite.”

Témoignage : 10 mois en Irlande

SILC : “Quel bilan fais-tu de ces quelques mois en Irlande, et sur tes progrès en anglais ?”

Manon : “Mon niveau d’anglais s’est assurément amélioré. Je n’osais pas parler au début et maintenant je peux sans souci tenir une conversation. Les progrès ne sont pas linéaires et parfois, j’avais l’impression de ne pas progresser, mais les résultats sont là. Il y a des moments où on apprend très vite beaucoup de choses et d’autres où c’est plus lent.

“Sinon, ce voyage en Irlande a changé beaucoup de choses. Aussi bien dans mon rapport aux autres que sur tout le reste. Ça m’a apporté l’indépendance et l’autonomie que je cherchais. Je parle beaucoup mieux anglais, je garde de très bons souvenirs et j’ai hâte d’y retourner. Une fois que les quelques difficultés sont surmontées, on ne garde que du bon de cette expérience.”

SILC : “Et enfin, pourquoi avoir choisi le programme SILC ? :

Anne-Laure (maman) : “Mon choix s’est porté sur le programme SILC car je connaissais une famille qui avait accueilli une étudiante pour une année et qui avait été très contente de cette expérience. Ils avaient été tellement satisfaits que l’année suivante c’est leur fille qui est partie pour une année à l’étranger… J’ai eu l’occasion d’en discuter à plusieurs reprises avec la maman, qui était vraiment enthousiaste. D’autre part, Manon m’a fait part de son envie très tardivement en avril/mai 2018 et la plupart des programmes étaient clôturés ! J’ai donc tenté ma chance avec SILC sans forcément grand espoir et les propositions qu’on m’a faite correspondaient vraiment à ce que je souhaitais pour Manon, à savoir partir dès le quatrième trimestre 2018 et le choix du pays. Nous souhaitions qu’elle parte dans un pays anglophone qui ne soit pas trop éloigné, et je pensais que l’Angleterre ne « correspondrait » pas forcément à son caractère ! Je la visualisais plutôt en Irlande ou Ecosse donc la proposition qui m’a été faite malgré notre intérêt tardif correspondait d’emblée à ce que je souhaitais.

Je suis très satisfaite de ce choix. Cela représente bien évidemment un coût financier élevé et en même temps c’est un investissement pour sa vie future fabuleux… Le choix de sa famille d’accueil était parfait (Manon considère avoir des troisièmes grands-parents irlandais !) et l’expérience d’échange, d’indépendance et d’ouverture sur le monde est juste incroyable.”

Merci @ Manon et Anne-Laure pour votre témoignage !

©colaistechillmhantain