Le village où résident Marie et Max

Marie et Max B. habitent un village de 600 âmes en Lozère, et ont choisi d’accueillir, alors que leurs enfants étaient en bas âge, des jeunes étrangers en scolarité en France. Découvrez ce qui, selon eux, fait le sel de cette expérience !

Marie se souvient : “Avec mon mari nous avons commencé à accueillir des jeunes étrangers en 1996, au départ via une association que gérait un voisin et ami. Mon fils avait alors 10 ans, ma fille 8 ans, et on avait envie d’élargir le cercle familial, que les enfants apprennent à partager et qu’ils s’ouvrent à d’autres cultures. Ils ont au fil des ans accueilli une vingtaine de jeunes venant d’Italie, des Etats-Unis, du Canada, de Nouvelle-Zélande, d’Autriche, de Slovaquie, d’Allemagne, du Vénézuela et du Costa Rica !

Les difficultés et les richesses de l’expérience

Au départ nous accueillons sur des petits séjours d’un mois pendant les vacances. Et au bout de 4 ans on s’est lancés : on a accueilli Sylvia, une jeune italienne, pour toute la durée de son année scolaire en France. Etant moi-même d’origine italienne, c’était plus facile pour communiquer au départ car elle ne parlait pas bien le français. Cela a causé quelques conflits au sein de la famille : mes enfants étaient un peu jaloux car j’étais accaparée par la jeune, par exemple pour lui traduire les leçons. Puis au fil des jours nous avons chacun trouvé nos marques et notre équilibre, et Sylvia est devenue comme leur grande soeur. Pour les jeunes filles suivantes que nous avons accueillies, ça a été beaucoup plus simple !

Depuis, nous accueillons un jeune tous les ans, et avec SILC depuis 2009. Nos enfants ne sont plus à la maison désormais, mais nous continuons l’expérience car cela reste très enrichissant : nos filles d’accueil nous apportent beaucoup, de par leur tempérament, leur expérience, leur culture, leur vécu, on essaie de partager tout ça, mais aussi de les aider dans les devoirs, dans leur adaptation à l’école ou avec l’entourage familial (nous avons une grande famille !). Moi j’aime beaucoup les loisirs créatifs, le jardinage, la musique et le cinéma, donc je partage volontiers mes passions avec celles qui en ont envie. Nos filles d’accueil sont comme nos enfants, nous les considérons comme un membre de la famille, et c’est aussi le cas de nos proches. 

L’accueil et bien au-delà

Notre famille s’agrandit au fil des accueils. Pour notre part, on trouve que l’accueil est parfait lorsque nous pouvons rencontrer les parents de nos jeunes. Lorsqu’ils s’intéressent aux conditions de vie de leur fille, que nous pouvons échanger, ça crée des liens plus forts... De plus en plus, on propose aux parents de passer le réveillon de Noël avec nous et leur fille. Ça nous a permis de rencontrer des personnes adorables ! 

Et puis la relation se tisse aussi après la période d’accueil. Par exemple nous avons encore des contacts avec Sylvia, notre 1ère jeune fille accueillie, qui est maintenant aux USA et qui nous a tous invités pour son mariage en Italie l’an passé ! Nous sommes également allés en Autriche et en Slovaquie pour revoir des jeunes que nous avions accueillies. Et avec Internet, on a des contacts réguliers avec chacune d’entre elles.

Nous avons eu une seule expérience un peu décevante avec une jeune fille vénézuélienne qui venait d’une famille très aisée, et qui ne s’intéressait pas vraiment à notre culture et n’avait pas envie de s’investir. Mais c’est le seul cas en 20 ans !

Les anecdotes

Globalement, les italiennes que nous avons reçues étaient souvent assez coquettes et aimaient la mode ; c’était le cas de Sylvia, qui aimait assortir ses chaussures avec son sac ; plutôt incongru lorsqu’au lycée tous les jeunes étaient en jean-basket ; elle en a souffert au départ et pensait qu’ils se moquaient d’elle.

Ce qui surprend tous les jeunes, c’est qu’ils ont le sentiment que l’on mange beaucoup par rapport à chez eux ; par exemple les slovaques ne mangent qu’un plat unique, plus riche. 

Et puis toutes trouvent beaucoup trop longs les horaires de cours en France, aucune ne résiste : le mercredi midi, elles ont toute le nez qui pique dans l’assiette !

Au quotidien il y a toujours des occasions de plaisanter ou de rire. Je me souviens de la fois où on a regardé “La grande vadrouille” avec une jeune slovaque, on a beaucoup ri car elle prenait au pied de la lettre l’expression “être à cheval sur la literie”.

Et puis au départ, les jeunes viennent spontanément proposer de l’aide en cuisine, puis elles prennent de l'assurance et demandent si elle peuvent faire quelque chose à notre place, et elles finissent par insister pour nous cuisiner et faire découvrir un plat de leur pays. En fait la plupart ne savent pas cuisiner, ce qui fait qu’on a goûté beaucoup de ratés ! Hormis avec Veronika, notre jeune autrichienne : elle avait installé Skype dans la cuisine pour que sa maman la guide au fur et à mesure de la recette !

Mais toutes ont eu envie de nous faire connaître leur culture, elles étaient très volontaires et y mettaient tout leur coeur.

En tout cas à chaque fin de séjour, les adieux sont toujours très difficiles… C’est tellement riche d’émotions cette expérience, c’est dommage de s’en priver !”

>>> Si comme Marie et Max vous souhaitez devenir famille d’accueil, déposez votre candidature ici - SILC vous recontactera.